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"Hisse et Ho !" N° 29

24 juin 2016

Dans cette nouvelle édition, découvrez le premier pèlerinage au Cameroun, les photos de la formation au Soudan du sud et bien d'autres nouvelles du monde entier...

Multiples facettes...
Nous avons installé une petite statue, réplique de la Vierge d’Autun, dans notre maison à la montagne. C’est pour nous une manière d’honorer Marie en la plaçant au coeur de ce lieu familial. En la voyant, une personne à la foi pure et simple s’est émerveillée : "Oh qu’elle est belle ! J’aime beaucoup la Sainte Vierge, je la prie souvent, je lui parle". Puis, après un temps de réflexion, elle a ajouté : "Est-ce que je peux vous poser une question ? Une question que je n’ai jamais osé poser à Monsieur le curé, j’avais trop peur qu’il pense que c’était une question idiote ! Voilà, vous me dites qu’il s’agit de Notre Dame d’Autun, mais il y a aussi Notre Dame du Laus, Notre Dame de la Garde, Notre Dame de Paris… dites-moi, il n’y a qu’une seule Sainte Vierge ou bien il y en a beaucoup ? Nous lui avons expliqué que Marie a pour seule mission de nous faire connaître son fils Jésus, et que, pour nous rejoindre là où nous sommes, elle se fait proche au point de nous ressembler : elle s’est faite métisse au Mexique, elle a parlé patois à Bernadette… S’il y a de nombreuses représentations de la Sainte Vierge, c’est une manière pour elle d’être universelle et de mieux annoncer au monde que Jésus, son fils, est le Fils de Dieu. Par contre, les représentations ou icônes de Jésus sont, elles, assez semblables : elles nous montrent un homme d’assez grande taille, brun, barbu, de type méditerranéen. Notre amie a ainsi été rassurée et nous l’avons remerciée de nous avoir posé une question qui était loin d’être idiote ! Elle nous a permis de mieux comprendre que notre identité chrétienne peut se développer de différentes manières selon nos traditions et nos cultures, mais qu’elle est centrée sur la personne de Jésus-Christ. Quand nous aurons pu rencontrer Jésus, il est certain qu’il va nous envoyer en mission.

Tout a commencé au pied de la croix où se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : Voici ta mère." (Jn 19, 25-27). A travers Saint Jean, c’est nous tous qui sommes devenus les fils et les filles de Marie. D’ailleurs, la prière de Foi et Lumière nous invite à suivre Marie jusqu’à la croix : Aide-nous à être toujours debout, avec elle, au pied de la croix, proches des crucifiés de notre monde.

Début juillet, tous les coordinateurs des provinces Foi et Lumière du monde entier vont se retrouver en Pologne pour un "Conseil des Coordinateurs", un bien grand mot pour désigner une rencontre où, comme toujours à Foi et Lumière, nous allons célébrer, partager et prier ensemble… Mais il va y avoir" également un peu de travail : nous avons tous, pendant cette année, pendant nos temps de partage en communauté, réfléchi sur des questions relatives à notre identité et à nos grandes valeurs. Tout ce que nous aurons pu dire servira pour commencer à préciser quelle est l’identité de Foi et Lumière. Sans vouloir anticiper ni influencer cette réflexion, je crois profondément que cette identité est une et multiple à la fois.

Elle est une comme Jésus, le fils unique du Père, mais elle est aussi multiple car, comme les représentations de Marie peuvent être très diverses pour que nous puissions être rejoints là où nous sommes, l’identité de Foi et Lumière peut se développer de différentes manières, selon nos traditions et nos cultures. Tous proches les uns des autres au pied de la croix, nous arrivons avec des histoires différentes et semblables à la fois. J’ai entendu le pape François utiliser la métaphore du polyèdre. Il y a quelque chose qui m’inquiète. Certes, la mondialisation nous unit et elle a donc des côtés positifs. Mais je trouve qu’il y a une bonne et une moins bonne mondialisation. La moins bonne peut être représentée par une sphère : toute personne se trouve à égale distance du centre. Ce premier schéma détache l’homme de lui-même, il l’uniformise et finalement l’empêche de s’exprimer librement. La meilleure mondialisation serait plutôt un polyèdre. Tout le monde est uni, mais chaque peuple, chaque nation conserve son identité, sa culture, sa richesse. L’enjeu pour moi est cette bonne mondialisation, qui nous permet de conserver ce qui nous définit. Cette seconde vision de la mondialisation permet d’unir les hommes tout en conservant leur singularité, ce qui favorise le dialogue, la compréhension mutuelle. Pour qu’il y ait dialogue, il y a une condition sine qua non : partir de sa propre identité. Si je ne suis pas clair avec moi-même, si je ne connais pas mon identité religieuse, culturelle, philosophique, je ne peux pas m’adresser à l’autre. Pas de dialogue sans appartenance (Audience privée 1er mars 2016).

L’ensemble de nos lieux d’appartenance (province, pays, région) doit faire ressembler la structure de Foi et Lumière international à cette bonne mondialisation, celle du polyèdre, une figure géométrique pas très lisse mais comportant de nombreuses facettes qui sont autant de lieux où les communautés peuvent se sentir bien, proches les unes des autres. C’est, me semble-t-il, une des conditions essentielles pour que nos petites communautés soient rayonnantes et prêtes à partir en mission vers tous ceux qui nous attendent et rêvent de connaître notre joie ! Et comme toujours à Foi et Lumière, nous terminerons notre rencontre par une grande fête : peut-être danserons-nous, éclairés par des petites lumières réfléchies par une boule à facettes ? ... suite 

 

 

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