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Janvier 2010

Extrait du carnet de route "Avec Moïse, un peuple en marche"

Le thème du mois pour nourrir la rencontre de notre communauté :
"Traverser le désert".




Pour gagner la Terre promise, les enfants d’Israël doivent traverser le désert. Bien des périls les guettent : les provisions s’épuisent, les outres se vident, des adversaires imprévus surgissent de nulle part. Les difficultés sont plus nombreuses qu’ils ne pensaient. On hésite, on se pose des questions, on pense faire marche arrière. C’est le temps de l’épreuve.

A peine ont-ils quitté l’Egypte qu’ils veulent rebrousser chemin. Ils s’en prennent à Moïse : « Ah ! Si nous étions morts en Egypte ! Là-bas, nous étions assis près des chaudrons pleins de viande et nous avions du pain à satiété ! Vous nous avez amenés dans ce désert pour nous laisser mourir de faim ! » (Ex 16,3). Plus loin dans le désert, ils recommenceront à se plaindre en évoquant leur vie en Egypte : « Ah ! Quel souvenir ! Le poisson ! Et les concombres, les pastèques, les oignons ! » (Nb 11,5).

Dieu va répondre au cri de son peuple et montrer sa sollicitude. « Ils agissent selon ce qu’ils sont, dit-il à Moïse. J’agirai selon ce que je suis. Du haut du ciel, je ferai pleuvoir de la nourriture pour vous ». Au matin, le sol du désert était couvert de petits grains blancs, avec un goût de galette au miel. « Mann hou ? » se dirent-ils l’un à l’autre, ce qui veut dire :
« Qu’est-ce que c’est ? » - « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger », répondit Moïse. Et on appela cette nourriture miraculeuse « manne ».

Dans l’évangile de Jean, les Juifs demandent à Jésus de reproduire le miracle de la manne afin de croire en lui. Mais c’est une autre nourriture que Jésus vient offrir. Il est le pain venu du ciel, le pain qui rassasie ceux qui croient lui. A ses contemporains qui demandent un signe, Jésus déclare : « C’est moi qui suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim » (Jn 6,35).

Continuant leur marche, les fils d’Israël installent leur camp près de Rephidim. Mais voilà que l’eau manque. Une fois de plus, ils se mettent à récriminer contre Moïse : « Pourquoi donc, nous as-tu fait quitter l’Egypte ? Est-ce pour nous laisser mourir de soif, nous, nos enfants et nos bêtes ? » (Ex 17,3). Le ton monte, au point que Moïse s’écrie : « Roi du monde, que dois-je faire pour ce peuple ingrat ? Encore un peu, et ils me lapideront ». Moïse pourtant intercède pour le peuple et le Seigneur lui dit : « Prends ton bâton ; frappe le rocher ; l’eau en jaillira ». Et il en fut ainsi. Moïse frappa le rocher et l’eau jaillit.

Cette eau que Dieu fait jaillir du rocher évoque l’eau dont Jésus parlera à une femme de Samarie, lors d’une rencontre au puits de Jacob : « Quiconque boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle » (Jn 4,14).

Ce n’est pas tout. Comme pour ajouter aux difficultés, apparaissent maintenant les redoutables tribus amalécites. Comment faire face ? Moïse n’est pas un chef militaire. Ce n’est pas lui qui va prendre la tête d’hommes en armes. Il donne des instructions au jeune Josué, son adjoint, pour que celui-ci engage le combat. Lui se tient en prière au sommet d’une colline, le bâton de Dieu à la main : « Roi du monde, c’est par ma main mais par ta force que tu délivras ton peuple. Aujourd’hui, que ce soit ta force qui donne la victoire, car ma main sans ta force n’est rien ! » Et ainsi, « quand Moïse tenait ses bras levés, Israël était le plus fort ; quand il les laissait retomber, Amaleq était le plus fort » (Ex 17,12).

Tant que Moïse persévère en prière, Dieu donne la victoire à son peuple. Lorsqu’il se relâchait, c’était la défaite. Comment faire pour tenir les bras levés en permanence ? Qu’à cela ne tienne. Moïse va se faire aider pour tenir bon. Aaron et Hur, un de ses proches, lui tiennent les bras levés. Belle illustration de la force de la prière et de la fidélité de Dieu. Aussi longtemps que nous mettons notre foi dans le Seigneur, celui-ci nous donne la force de tenir bon, de triompher du mal qui nous atteint.

Jésus invite ses disciples à persévérer dans la prière : « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Oui, celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et si quelqu’un frappe à la porte, on lui ouvrira » (Mt 7,7-8).

Toute activité humaine se déroule dans le temps. Facilement, avec le temps, l’enthousiasme des origines s’estompe et l’espérance perd de son élan. Dans ces moments, il est bon de se rappeler que le Seigneur reste présent, alors même qu’il semble absent. Au milieu des épreuves, les fils d’Israël se posent la question : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? » (Ex 17,7) Il est normal que tout croyant, un jour ou l’autre, se pose la même question. Traverser le désert fait grandir dans la foi.

Père Guy Vanhoomissen, sj
Illustrations : Frère Réginald Picke, Communauté Saint Jean





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